<![CDATA[Jean-Etienne Juthier : Dernier contenus]]>/account/jean-etienne-juthier-124frFri, 25 Feb 2022 04:25:06 +0100Fri, 25 Feb 2022 04:25:06 +0100<![CDATA[En Ukraine, cyberattaques, désinformation et coupures d'Internet]]>https://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/1509565-en-ukraine-cyberattaques-desinformation-et-coupures-d-internet-la-guerre-digitale-en-trois-images/Les attaques ne sont pas que terrestres, entre malwares destructeurs de données, destruction d'infrastructures de communication et montages vidéo de propagande.]]>Depuis plusieurs semaines, les sites gouvernementaux ukrainiens ainsi que des établissements bancaires du pays subissent des cyberattaques. Rien que le mercredi 23 février, les sites du ministère de la Défense, du ministère des Affaires étrangères et du Conseil des ministres, ainsi que Privatbank, la plus grande banque commerciale du pays, ont été la cible d'attaques DDoS. Ces dernières visent à rendre indisponible un serveur pendant un laps de temps plus ou moins long.

Mais ce 24 février, c'est une arme autrement plus destructrice que les chercheurs de l'ESET Research Labs ont découvert. Un malware, déjà installé sur "des centaines" d'ordinateurs ukrainiens, qui efface purement et simplement les données. Un malware que le lab a décidé d'appeler HermeticWiper et  qui, selon leurs observations, serait en préparation depuis presque deux mois. Pourquoi Hermetic ? Car le virus se cache derrière un certificat nommé Hermetica Digital Ltd, comme on peut le voir dans l'image ci-dessous :

Autre facette de la guerre numérique, popularisée par le terme fake news, la désinformation. Les exemples sont légion, de la supposée idéologie nazie des dirigeants ukrainiens au pseudo génocide des populations russes dans le Donbass, en passant par les photos et vidéos trafiquées ou mises en scène visant à dénoncer des agressions de la part des forces militaires ukrainiennes ou amies de ces dernières. Exemple ci-dessous avec cette vidéo d'une supposée tentative de sabotage, qui ne résiste pas à un examen poussé : date de création antérieure à l'évènement dénoncé et ajout d'éléments audio dont on retrouve en plus la source sur… Youtube.  

Enfin, dans toute guerre, les moyens de communication sont visés, au même titre que les ports et aéroports. Résultat, l'accès à Internet est devenu fluctuent dans une partie de l'Ukraine, comme le montre ci-dessous le graphique de Netblocks, centré sur la ville de Kharkiv, visée par des bombardements :

Netblocks précise : outre l'accès à Internet, les lignes fixes de l'opérateur Triolan subissent des coupures, contrairement au réseau cellulaire.

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Thu, 24 Feb 2022 13:01:15 +0100https://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/1509565-en-ukraine-cyberattaques-desinformation-et-coupures-d-internet-la-guerre-digitale-en-trois-images/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Google Analytics déclaré illégal par la Cnil : ce n'est que le début]]>https://www.journaldunet.com/media/publishers/1509221-google-analytics-declare-illegal-par-la-cnil-une-premiere-decision-avant-la-suite/Trois plaintes avaient été déposées contre Auchan, Decathlon et Sephora pour leur intégration de Google Analytics. Trois autres portant sur Facebook Connect sont en cours d'instruction. A terme, tous les services stockant des données aux Etats-Unis pourraient être visés.]]>Patatras. Ou plutôt badaboum. Pendant plus de 15 ans, comme à son habitude, Google a patiemment et méthodiquement construit sa position dominante dans le monde de la web analyse, en installant son outil Google Analytics à plus de 70% de parts de marché à l'échelle planétaire. Tout cela pour que de fichus Européens et leur obsession de la protection de la vie privée finissent par déclarer toute celle belle mécanique illégale.

"Les données des internautes sont transférées vers les Etats-Unis en violation des articles 44 et suivants du RGPD"

Jeudi 10 février, un mois après son homologue autrichienne, la Cnil, autorité française de protection des données personnelles, a en effet publié sur son site Internet un court texte pour expliquer avoir mis en demeure un gestionnaire de site web de se mettre en conformité avec les règles régissant le transfert de données. En cause, son utilisation de Google Analytics, dont l'anonymisation des datas est jugée insuffisante au regard de leur parcours : un aller-retour sans péage vers les Etats-Unis et les centres de données de Google. Une terre où, en vertu de la législation locale, les autorités peuvent avoir libre accès aux données des internautes.

La Cnil ne le dit pas autrement : "Si Google a adopté des mesures supplémentaires pour encadrer les transferts de données dans le cadre de la fonctionnalité Google Analytics, celles-ci ne suffisent pas à exclure la possibilité d'accès des services de renseignements américains à ces données." Le texte de l'autorité française a beau être court au regard de son impact dans le monde du web, il a le mérite de la clarté. Autre morceau choisi : "La Cnil constate que les données des internautes sont ainsi transférées vers les Etats-Unis en violation des articles 44 et suivants du RGPD".

Attention cependant : dans son communiqué, la Cnil ne dit pas s'en prendre au géant américain. C'est bien le gestionnaire de site utilisateur de la solution d'analytics qui est mis en demeure. Comment celui-ci peut-il se conformer au règlement européen dans le délais d'un mois imposé par l'autorité ? "Si nécessaire en cessant d'avoir recours à la fonctionnalité Google Analytics (dans les conditions actuelles) ou en ayant recours à un outil n'entraînant pas de transfert hors UE", répond la Cnil. Le gestionnaire de site devra donc analyser la plainte pour voir s'il peut supprimer certaines données transférées à Google Analytics afin de respecter la règlementation.

Au fait, qui est-il ce gestionnaire de site ? Conformément à ses habitudes, la Cnil ne le dit pas. Mais que cette première victime expiatoire se console, elle n'est que la première d'une longue liste : "D'autres procédures de mises en demeure ont été engagées par la Cnil à l'encontre de gestionnaires de sites utilisant Google Analytics". Pour savoir qui sont ces malheureux, un petit flash-back est nécessaire.

Plaintes contre Auchan, Sephora et Décathlon

La mise en demeure de la Cnil est en fait la conséquence de l'une des 101 (oui, pas 100, 101) plaintes déposées en 2020 par l'activiste autrichien de la donnée perso Max Schrems et de son association NOYB. Des plaintes adressées aux différentes autorités européennes de protection de la vie privée, qui elles-mêmes faisaient suite à une décision de justice, déjà initiée par le militant. En résumé, rappelle la Cnil, l'arrêt "Schrems II" de la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE) du 16 juillet 2020 a mis "en avant le risque que les services de renseignement américains accèdent aux données personnelles transférées aux Etats-Unis, si les transferts n'étaient pas correctement encadrés". De quoi "invalider le régime de transferts de données entre l'Union européenne et les Etats-Unis dit Privacy shield", expliquait la Cnil à l'époque.

Qui en France était concerné par les plaintes de Max Schrems portant sur l'utilisation de Google Analytics ? Auchan, Sephora et Décathlon. Les trois plaintes sont respectivement disponibles ici, ici et . A noter que l'Autrichien mitraille à tout va, car trois autres Français sont dans son collimateur, avec des plaintes déposées cette fois pour l'utilisation du Facebook Connect. Il s'agit d'Auchan, de Free Mobile et du Huffington Post. Pour les amateurs de tableau de chasse, la liste complète des plaintes est disponible ici.

Google et Google Analytics ne seront pas les seules victimes

Si les mises en demeure pour les deux co-accusés du premier gestionnaire de site ne font pas de doute, il n'y en a pas non plus beaucoup sur les futures décisions des homologues européens de la Cnil et de l'autorité autrichienne, les plaintes faisant l'objet d'une "coopération" entre elles, écrit la Cnil. Pas de doute non plus sur le fait que Google et Google Analytics ne seront pas les seules victimes. Tous les services faisant transiter des données personnelles par-dessus l'Atlantique finiront dans le même bateau. On peut notamment penser aux outils de connexion type Google Connect, et le Subscribe with Google utilisé par de nombreux sites média.

Et dans l'immédiat ? Pour les éditeurs de sites, difficile de se passer de Google Analytics tant l'outil est omniprésent, puissant, et intégré à l'écosystème Google, y compris dans son versant publicitaire. Mais il leur faudra juger s'ils sont concernés par la décision de la Cnil : font-ils transiter des données personnelles aux Etats-Unis comme le site incriminé ? Ce n'est pas forcément le cas et leur utilisation de Google Analytics peut être conforme à la règlementation s'ils n'ajoutent pas de données personnelles aux informations transmises à Google Analytics. S'ils se retrouvent contraints de changer d'outil, ils pourront piocher dans la liste des solutions validées par la Cnil, disponible ici, la plus connue étant Analytics Suite Delta d'AT Internet.

En face, Google peut-il adapter Google Analytics ? Après la décision de l'autorité autrichienne, le géant américain s'était fendu d'une communication. Plutôt que de proposer une évolution de son outil, il réclamait un nouveau cadre législatif européen en remplacement du Privacy shield. Peu de chance que sa position ait évolué.

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Fri, 11 Feb 2022 06:30:00 +0100https://www.journaldunet.com/media/publishers/1509221-google-analytics-declare-illegal-par-la-cnil-une-premiere-decision-avant-la-suite/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[SEO : qui a remporté la bataille des soldes ?]]>https://www.journaldunet.com/solutions/seo-referencement/1509157-seo-qui-a-remporte-la-bataille-des-soldes/Secteur par secteur, quels sites e-commerce sont parvenus à se positionner au mieux durant les soldes d'hiver, terminées ce 8 février ? Réponse en infographie, avec notre partenaire Smartkeyword.]]>]]>Tue, 08 Feb 2022 16:45:37 +0100https://www.journaldunet.com/solutions/seo-referencement/1509157-seo-qui-a-remporte-la-bataille-des-soldes/Jean-Etienne JuthierJDN<![CDATA[La fusion M6-TF1 créera (aussi) un géant du web français]]>https://www.journaldunet.com/media/publishers/1500983-la-fusion-m6-tf1-creera-aussi-un-geant-du-web-francais/Le rachat de 30% de M6 par le groupe TF1 ne bouleversera pas que le secteur audiovisuel. Il verra également apparaître un nouvel entrant dans le top 5 du web français.]]>Inimaginable il y a encore quelques années, quand Netflix et Amazon ne régnaient pas encore sur la SVOD mondiale, la fusion entre les groupes TF1 et M6, est désormais en route, même si un sacré péage se dresse encore sur celle-ci. L'Autorité de la concurrence et le CSA devront en effet valider la création d'un géant de l'audiovisuel aux 10 chaînes de télévision, alors que la réglementation française n'en autorise que sept. Un processus qui devrait s'étaler jusqu'à fin 2022.

Le poids du futur ensemble : 38 millions de visiteurs uniques mensuels

Mais le mastodonte ne sera pas que hertzien. En associant leurs audiences web, les deux groupes sont en mesure de se hisser dans le top 5 du web hexagonal, derrière les intouchables Google, Facebook et Microsoft, mais en faisant jeu égal avec Le Figaro-Ccm Benchmark (éditeur du JDN). Prisma Media, lui, sortira mécaniquement du top 5. Le poids du nouvel ensemble : 38 millions de visiteurs uniques mensuels (VU). Un changement d'échelle pour les deux entreprises : M6 ne dépasse pas, jusque-là, les 30 millions de VU mensuels, TF1 fait à peine mieux, oscillant selon les mois entre 33 et 34 millions de VU. Ci-dessous, la galaxie de leurs sites Internet, avec quelques doublons qui sautent aux yeux :

 TF1M6
SVODMyTF16Play
CuisineMarmitonCuisine AZ
SantéDoctissimoPasseportSanté
InfoLCIRTL
FémininauFéminin, Beaute-Test.comFourchette&Bikini
AutresLes Numériques, MyLittleBoxIgraal, Radins.com, Deco.fr

La fusion donnera-t-elle au futur ensemble les moyens de lutter avec Netflix, Disney+ et consorts ? On en est loin, malgré une mainmise sur le marché publicitaire télé (entre 65% et 75% du marché) et un chiffre d'affaires consolidé de 3,4 milliards d'euros. Le seul Netlfix a engrangé 25 milliards de revenus en 2020 et Amazon serait sur le point d'acheter les studios MGM pour... 9 milliards de dollars.

Pour s'offrir 30% de M6, TF1 devra débourser 641 millions d'euros. Nicolas de Tavernost, le président du directoire de l'ex-petite chaîne qui monte, prendra la tête de l'ensemble. Gilles Pélisson, PDG de TF1, pilotera une direction média et développement du groupe Bouygues, propriétaire de TF1… et bientôt de M6.

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Tue, 18 May 2021 09:13:58 +0200https://www.journaldunet.com/media/publishers/1500983-la-fusion-m6-tf1-creera-aussi-un-geant-du-web-francais/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Vestiaire Collective lève 178 millions d'euros et valide deux fois sa stratégie]]>https://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/1498355-vestiaire-collective-leve-178-millions-d-euros-et-valide-deux-fois-sa-strategie/Le site de vente de vêtements d'occasion accueille le groupe de luxe Kering à son capital et clame son statut de nouvelle licorne française.]]>Vestiaire Collective remise la concurrence au placard. Ou en tout cas s'en donne les moyens. Le site de revente de vêtements de seconde main a annoncé ce lundi 1er mars une levée de fonds de 178 millions d'euros. De quoi lui garantir le statut de licorne, clame le groupe dans un communiqué de presse, sans toutefois préciser sa valorisation totale. C'eut été trop beau.

La société n'est toutefois pas totalement avare de chiffres, nous y reviendrons. Mais d'abord, place aux actionnaires, et pas n'importe lesquels, puisqu'en plus des historiques (Bpifrance, Conde Nast, Eurazeo…) qui remettent au pot, Vestiaire Collective enregistre deux nouveaux arrivants : le groupe de luxe français Kering et le fond américain Tiger Global Management. Deux acteurs bien différents qui illustrent chacun la stratégie – et la réussite – du site Internet.

Kering s'offre "environ 5%" du site Internet, soit un investissement d'au moins 50 millions d'euros

Kering d'abord, qui selon le communiqué s'offre "environ 5%" de l'auto-proclamée licorne. Soit, si l'on sort la calculette (on l'a fait), un investissement d'au moins 50 millions d'euros - 0,7% de la capitalisation de Kering tout de même. Il y a quelques années, le rapprochement entre un groupe aux multiples maisons de luxe (Saint Laurent, Balenciaga, Gucci…) et un vendeur de fripes aurait fait lever tous les sourcils des salles d'investissement. Mais le monde a changé. La tendance de fonds de la consommation éco-responsable explique le succès de Vestiaire Collective tout autant qu'elle justifie la participation de Kering, supposé à l'opposé exact de ces préoccupations, avec des pièces aussi exclusives qu'elles sont peu portées.

Sentant le vent tourner, François-Henri Pinault, le patron de Kering, a annoncé son intérêt pour la seconde main dès 2018. Ce qui s'est notamment concrétisé mi-février dernier par un accord entre sa marque Alexander McQueen et… Vestiaire Collective. Concrètement, la maison de luxe sollicite ses clients pour revendre les pièces qu'ils ne portent plus, en les authentifiant au passage. Nom du programme : Brand Approved. On imagine mal comment les autres marques Kering pourraient ne pas rejoindre le mouvement à terme.

Au final, en investissant dans le site d'occasion, Kering s'offre deux lignes de revenus supplémentaires : ceux de Vestiaire Collective (les chiffres, on y vient, promis) et ceux d'une nouvelle activité pour ses maisons. Pour le site Internet, outre des pièces de choix qui viendront enrichir son vestiaire, le partenariat ajoute une brique supplémentaire à son discours et à sa démarche éco-responsable (l'entreprise vise la certification B Corp).

Accélérer en Asie-Pacifique et aux Etats-Unis

L'autre nouvel actionnaire – l'américain Tiger Global Management si vous avez suivi - illustre le second pan de la stratégie de Vestiaire Collective : l'internationalisation. Le site marchand se présente comme "la première plateforme mondiale de mode de seconde main", sans que l'on sache sur quel indicateur elle se base, et indique vouloir accélérer sur les zones Asie-Pacifique et Etats-Unis. "En janvier 2021, les vendeurs locaux dans ces deux zones géographiques ont enregistré une croissance de plus de 250% de leur nombre d'articles vendus par rapport à l'année précédente", se félicite dans le communiqué Griffin Schroeder, associé chez Tiger Global.

Nous vous avions promis des chiffres, voici ceux mis en avant dans le communiqué que nous n'avons pas évoqués, dont deux estimations de marché :

  • + 100% de volume de transactions sur la plateforme en 2020 par rapport à 2019
  • + 90% du nombre de membres en 2020.
  • La part des pièces de seconde main dans la garde-robe des particuliers devrait passer de 21 % en 2021 à 27 % en 2023
  • Le marché de la seconde main devrait atteindre plus de 60 milliards de dollars d'ici 2025.

Certaines entreprises ne connaissent pas la crise. D'autres s'en nourrissent. Lancé en 2008, en plein marasme des subprimes, Vestiaire Collective franchit avec cette levée un nouveau cap, en partie porté par les préoccupations éco-responsables accélérées par le Covid. Vivement la prochaine crise ?

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Tue, 02 Mar 2021 08:27:04 +0100https://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/1498355-vestiaire-collective-leve-178-millions-d-euros-et-valide-deux-fois-sa-strategie/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Les BigBoss prennent une participation majoritaire dans Proximum365]]>https://www.journaldunet.com/ebusiness/crm-marketing/1496367-les-bigboss-prennent-une-participation-majoritaire-dans-proximum365/L'organisateur d'événements BtoB mise sur de fortes synergies technologiques grâce à la plateforme de digitalisation de meetings one-to-one de son nouveau partenaire]]>L'union fait la force, et face au Covid, le secteur de l'évènementiel a besoin de l'une comme de l'autre. L'organisateur d'événements BtoB lesBigBoss l'a bien compris et met en application la célèbre devise en prenant ce 14 décembre une participation majoritaire dans Proximum365. Précisément, c'est Digilinx, propriétaire de la marque lesBigBoss, qui entre au capital de l'organisateur de conventions d'affaires dans l'industrie. Une opération de croissance externe – la première de Digilinx – permise par une récente levée de fonds (juillet 2019) dont ni le montant ni le pourcentage de capital acquis ne sont révélés.

Une première opération de croissance externe permise par la levée de fonds de juillet 2019

En revanche, les raisons de ce rapprochement sautent aux yeux : outre ses références clients (Aéroport de Paris, Essilor, Direction de l'Armement, Airbus, Pfeizer…) et son positionnement dans le secteur industriel, Proximum365 apporte aux BigBoss un outil bienvenu en ces temps de crise sanitaire. Son nom : Vimeet. Cette plateforme permet de digitaliser les événements one-to-one, en totalité ou non, pour son compte ou celui de tiers. Difficile de faire plus en phase avec notre époque…

Fondée en 1999, Proximum365 compte 47 salariés et assure qualifier jusqu'à 1,5 million de meetings one-to-one par an sur sa plateforme grâce à sa communauté de 185 000 industriels internationaux.

De son côté, Digilinx se targue d'une "très bonne année 2020" malgré le contexte sanitaire. Le groupe fondé par Hervé Bloch est parvenu à organiser 25 événements physiques ou hybrides et a digitalisé quatre événements phares, dont la Winter Edition, transformée pour l'occasion en Winter Online Meetings by lesBigBoss.

Le nouvel ensemble vise un chiffre d'affaires consolidé de 14 millions d'euros en 2021.

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Tue, 15 Dec 2020 09:09:29 +0100https://www.journaldunet.com/ebusiness/crm-marketing/1496367-les-bigboss-prennent-une-participation-majoritaire-dans-proximum365/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[La France des start-up en quatre cartes inédites]]>https://www.journaldunet.com/web-tech/start-up/1494783-la-france-des-start-up-en-quatre-cartes-inedites/Le Syntec numérique a cartographié 8 000 start-up françaises. Si la concentration parisienne n'est pas une surprise, elle n'a jamais été autant dévoilée.]]>Le paysage des start-up françaises est à l'image du pays qui les abrite : centralisé. Certes, l'on pouvait s'en douter. Mais la cartographie réalisée par le Syntec numérique en cette rentrée 2020 et dévoilée ci-dessous par le JDN permet de le confirmer, et d'en livrer toutes les dimensions. Commençons par la première d'entre elles, le quantitatif :

L'outil Motherbase utilisé par le Syntec dénombre 7 842 start-up en août 2020. Plus de la moitié (4 074 précisément) se trouvent en Ile-de-France, ce qui en fait naturellement la première région en volume et en proportion : 332 start-up par million d'habitants, contre trois fois moins en Auvergne-Rhône-Alpes (106 start-up/par million d'habitants, 855 start-up en tout). Suivent à égalité les Pays de la Loire et Paca (80 start-up par million d'habitant).

Mais le nombre ne fait pas tout. Qu'en est-il de la qualité, ou du moins du dynamisme, que le Syntec a notamment pu mesurer en se penchant sur les emplois créés et les fonds levés ?

Las, le surpoids de l'Ile-de-France est encore plus flagrant. La région pèse 51,5% du nombre de start-up mais 63% des effectifs et 76% des fonds levés. Sur ce dernier point, les miettes laissées sont en grande partie ramassées par Auvergne-Rhône-Alpes (7,5% du total). Derrière, seules Paca et l'Occitanie dépassent les 2% du total des fonds levés par les presque 8 000 start-up françaises.

Des régions qu'il ne faut, en vérité, pas comparer à l'Ile-de-France toute entière, mais à la quasi seule capitale, à la lecture de ce tableau, toujours tiré de l'étude du Syntec :

Principaux enseignements de cette avalanche de chiffres : Paris représente les trois quarts des 4 074 startup-franciliennes, qui elles-mêmes pèsent 51% des 7 842 start-up françaises (vous suivez ?). Et la proportion grimpe si l'on se penche sur les fonds levés : la capitale amasse 86% des tours de table de la région. En sortant la calculette, on s'aperçoit donc que Paris, à elle seule, totalise plus de 65% des fonds levés par les start-up françaises.

Comme une image vaut mille mots, voici ce que l'exceptionnelle densité de start-up parisiennes donne :

Une vue du ciel qui permet aussi de s'apercevoir du poids des Hauts-de-Seine, deuxième département français en termes de nombre de start-up, comme de fonds levés et de collaborateurs :

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Thu, 22 Oct 2020 14:55:52 +0200https://www.journaldunet.com/web-tech/start-up/1494783-la-france-des-start-up-en-quatre-cartes-inedites/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Production de richesses]]>https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1168557-economie-nouvelles-regions-francaises/]]>

L'alliance de certaines régions n'aura pas suffi à changer la donne : l'Ile de France, dont le périmètre n'a pas évolué à l'occasion de la réforme instituant 13 grandes régions en France métropolitaine, reste le territoire produisant le plus de richesses. Et de loin : 624 milliards d'euros en 2012, soit 30% du PIB de la France, contre 239 pour la fusion Auvergne-Rhône-Alpes, sa plus proche poursuivante. Sur la troisième marche du podium, on trouve le rassemblement Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, avec 158 milliards de richesses engendrées. Des 13 nouvelles régions, la Corse est celle au plus faible PIB : 8 milliards.

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Tue, 01 Dec 2015 19:19:10 +0100https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1168557-economie-nouvelles-regions-francaises/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Les cinq tendances qui guideront les consommateurs en 2016]]>https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1167085-tendances-2016-selon-trendwatching/L'an prochain, pour séduire les clients, il faudra leur faire passer des épreuves et changer sa culture d'entreprise selon Trendwatching.]]>Chaque année, le cabinet Trendwatching délivre les cinq tendances qui, selon lui, permettront d'attirer les consommateurs l'année suivante. 2015 ne fait pas exception : les prédictions 2016 viennent juste de tomber. Les voici.

L'épreuve du statut

"Seuls les plus dignes seront servis." C'est ainsi que Trendwatching introduit sa première tendance, dite du "Status test", que nous traduirons par l'épreuve du statut. Le principe ? Les consommateurs étant en quête d'exclusivité, mettez-les à l'épreuve. Seuls ceux qui parviendront à relever le défi que vous leur aurez lancé auront droit de bénéficier de votre produit ou service.

Une stratégie qui semble "contre-intuitive", admet Trendwatching, mais qui a déjà fait ses preuves. En octobre 2015, Lee Jeans a mis en compétition ses clients. Par grand froid, ils devaient arpenter leur ville pour scanner des QR codes disséminés un peu partout. Ceux qui en découvraient le plus ont eu le droit à un jean Magma Fusion, qui retient la chaleur, ainsi qu'un accès à divers événements.

Le conseil de Trendwatching : "Soyez féroce. Plus le test est difficile, plus le statut atteint est grand." Et plus vous formerez une communauté dévouée à votre marque.

L'omniprésence contextuelle

Sa deuxième tendance, la "Contextual omnipresence", Trendwatching la résume en une équation :

"canal innovant + contexte nuancé = le bon endroit au bon moment"

Et en clair ? Pour le cabinet, "en 2016, vous aurez le droit de penser qu'une marque doit être partout, tout le temps" Mais ce que vous ne pourrez plus vous permettre, c'est de réfléchir uniquement au "comment" et non au "pourquoi". Cessez de vous focaliser sur les possibilités offertes par la technologie, ayez d'abord en tête les besoins et les envies  des consommateurs".

Pour illustrer sa pensée, Trendwatching livre plusieurs cas, comme le Dash Button d'Amazon, qui permet de commander un produit en appuyant sur un bouton relié à Internet. De la lessive grâce à un bouton connecté collé sur la machine à laver, par exemple.

Le conseil de Trendwatching : "Contestez le fait que les canaux existants répondent réellement aux besoins et aux désirs profonds de vos clients."

L'éthique vendeuse

La troisième tendance de Trendwatching est ce qu'il appelle "Insider trading", littéralement Délit d'initié. Le cabinet joue sur les mots (l'auteur s'est retrouvé bien incapable de traduire la blague) pour expliquer que la culture interne d'une entreprise sera, en 2016, presque aussi importante que les produits qu'elle vend. Car désormais, les consommateurs ne se préoccupent plus uniquement du sort des travailleurs dans les pays développés. Les cols blancs aussi peuvent attirer leur compassion.

Pour appuyer ses dires, Trendwatching rappelle l'immense succès d'un article du New York Times sur les conditions de travail des cadres chez Amazon mais aussi donne l'exemple de quelques enseignes qui ont séduit les clients en traitant bien leurs salariés. Et de citer les magasins REI, qui le jour du Black Friday, traditionnellement réservé aux soldes monstrueux… ont décidé de fermer leurs points de vente pour offrir une journée de repos à leurs salariés.

Le conseil de Trendwatching : "Posez-vous la question : quel aspect de votre culture d'entreprise étaleriez-vous sur un panneau publicitaire ?".

L'intelligence bénéfique

Là encore, le jeu de mot est meilleur dans la langue de Shakespeare : "Beneficial intelligence", telle est la quatrième tendance pour 2016 selon Trendwatching. L'intelligence artificielle bénéfique, donc, qui consiste de nouveau à faire passer la technologie au second plan pour se concentrer sur les besoins et désirs basiques des humains. Et vite : "La croyance des consommateurs selon laquelle l'intelligence artificielle peut rendre leur vie meilleure va rapidement augmenter (…). Les humains ont leur limite, leurs attentes n'en ont aucune".

Parmi les exemples cités par Trendwatching en matière de "Beneficial intelligence", on retiendra l'opérateur ferroviaire Stockholmstag, qui grâce au big data arrive à anticiper les retards de ses trains… deux heures à l'avance.

Le conseil de Trendwatching : "Vous n'avez même pas besoin d'une vraie intelligence artificielle (…). Cette tendance consiste en fait à répondre aux attentes des clients que l'IA va créer."  

Le changement de perspective

Démontrez autrement la valeur de vos produits. C'est en substance le message de la cinquième et dernière tendance pour 2016 relevée par Trendwatching, intitulée "Perspective shifts", soit les changements de perspectives. L'idée est de repositionner son produit pour que les clients en (re)découvrent la valeur.

Et de donner l'exemple de la compagnie aérienne française Transavia, qui a mis en vente des billets pour Barcelone sous forme… de paquets de chips dans des distributeurs dans le métro ou dans des rayons de magasins Carrefour.

Le conseil de Trendwatching : "Une question pour démarrer : si vous deviez choisir un produit à l'opposé du vôtre en termes de positionnement, lequel ce serait ?".

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Wed, 18 Nov 2015 10:25:59 +0100https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1167085-tendances-2016-selon-trendwatching/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[2018, l'invasion des robots]]>https://www.journaldunet.com/economie/industrie/1164147-2018-l-invasion-des-robots/Dans trois ans, les robots industriels seront plus de 2 millions dans le monde et près de 26 millions de robots de service se seront écoulés.]]>La robotisation est en marche. Ou plutôt, elle courre. Et pas seulement dans l'industrie, non, dans toute la société. Selon la nouvelle étude annuelle World Robotics, entre 2015 et 2018, il se sera vendu la bagatelle de 25,9 millions de robots de service à usage personnel ou domestique. Comprendre des robots-aspirateurs ou des robots-tondeuse en particulier. L'an dernier, il s'en est déjà écoulé 4,7 millions, un chiffre en hausse de 28%.

Outre les tondeuses, aspirateurs et autres nettoyeurs de sols, explique l'International Federation of Robotics (IFR), qui publie l'étude, la robotique de service est tirée par les robots de loisir et ceux d'assistance pour personnes handicapées et/ou âgées. Cette dernière catégorie connaît une croissance fulgurante, même si les volumes restent faibles : 4 416 unités vendues en 2014, contre 699 en 2013, et une hausse supérieure à 500% encore attendue cette année, calcule la fédération.

L'IFR s'est aussi penchée sur les producteurs de ces appareils :

Une fois n'est pas coutume, l'Europe est le territoire qui compte le plus de producteurs : elle arrive en tête, avec 131 fabricants répertoriés, contre 113 en Amérique du Nord et 73 en Asie. Un podium qui peut s'expliquer par la jeunesse du secteur. La prime est encore donnée à l'innovation, et non aux capacités de production ou de distribution, et les start-up se comptent en nombre : elles représentent 15% des sociétés, une proportion qui "augmente rapidement".

Ces entreprises sont aussi implantées là où les acheteurs se trouvent. En tout, les ventes de robots de service à usage domestique pèseront 12,2 milliards de dollars sur la période 2015-2018, calcule l'IFR.

Malgré des ventes en volumes qui impressionnent, on est donc encore loin du marché de la robotique industrielle en termes de valeur. Celui-ci aurait cumulé 10,7 milliards de dollars de vente sur la seule année 2014, alors que moins de 180 000 robots se sont vendus. Des chiffres qui sont attendus en hausse, avec une croissance annuelle moyenne de 15% entre 2015 et 2018 :

En 2018, ce sont pas moins de 400 000 machines à vocation industrielle qui devraient être fournies dans le monde, en particulier aux industries automobile, électronique et électrique, et la majeure partie en Asie. Un continent qui est déjà à l'origine de la croissance de ces dernières années (+41% d'achats en 2014).

Trois pays asiatiques font d'ailleurs partie des cinq premiers marchés de la robotique industrielle (70% du marché total à eux 5) : la Chine, le Japon et la Corée.

Les Etats-Unis et l'Allemagne complètent ce classement de tête. Et la France ? Accuse-t-elle toujours le retard en matière de robots industriels dont le JDN vous parlait l'an dernier ?

Il faut croire que oui, à la vue des chiffres disponibles :

Alors que la plupart des pays s'équipent, le stock de machines continue de stagner dans l'Hexagone : de 32 233 en 2014, il passerait à  32 300 fin 2015, soit une hausse de 0,2% contre 10% en Allemagne ou 56% en Chine. Et les projections pour 2018 ne sont guère brillantes : la croissance française se limitera à 4% contre 18% outre-Rhin et 25% outre-Atlantique. Elle courre, elle courre la robotisation, mais elle ne va pas partout.

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Wed, 14 Oct 2015 18:51:11 +0200https://www.journaldunet.com/economie/industrie/1164147-2018-l-invasion-des-robots/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA["Fils et filles de…" : un extrait inédit]]>https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1161532-fils-et-filles-de-extrait-inedit/Passer la main à ses enfants quand son entreprise pèse un milliard d'euros de chiffre d'affaires n'est pas chose aisée.]]>"Le jeu est tronqué et les dés pipés." Ainsi se conclue le livre "Fils et filles de…" paru ce 17 septembre aux éditions de La Découverte. Un constat désenchanté dressé par les deux auteurs, les journalistes Anne-Noémie Dorion et Aurore Gorius, qui se sont penchés sur la propension française à placer des héritiers aux postes du pouvoir, en politique, dans le monde de la culture et bien sûr dans celui du business.

Henri Proglio pourrait ouvrir un cabinet de recrutement pour descendants d'hommes et femmes politiques

Dans l'ouvrage, on (re)découvre les destinées des enfants Arnault au sein de LVMH, les pérégrinations des rejetons Bolloré dans le groupe paternel, les bisbilles de la fratrie Peugeot et la bataille des fils Dassault.

On y apprend aussi qu'Henri Proglio pourrait ouvrir un cabinet de recrutement pour descendants d'hommes et femmes politiques. Et ce quel que soit leur bord, puisque pour une nièce de Michèle Alliot-Marie (droite) casée chez EDF, on trouve une fille de Jean-Louis Borloo (centre) et un fils de Claude Bartolone (gauche) installés chez Veolia.

Mais le livre ne se contente pas de dénoncer. Le capitalisme familial a aussi ses vertus et ses richesses, tout comme ses contraintes. Une complexité bien illustrée par l'extrait que le JDN vous propose de découvrir ci-après :

Jean-Luc Petithuguenin est un patron de la première génération. En 1994, cet ancien salarié de la Compagnie générale des eaux (CGE) a racheté Paprec, une entreprise de recyclage basée à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, qui comptait quarante-six salariés. Aujourd’hui, l’entreprise emploie plus de 4 000 personnes. Paprec collecte les déchets des grands groupes comme L’Oréal, Carrefour ou EADS. Depuis 2000, son P-DG est également président et fondateur du groupe Helios, leader français de la signalisation sur les routes, qui emploie 500 salariés. Avec Paprec, l’objectif de son dirigeant est clairement affiché : créer une nouvelle "dynastie de l’environnement", explique-t-il. Dans un secteur en plein essor, en l’espace de deux décennies, la petite TPE est devenue une ETI florissante, réalisant près de un milliard d’euros de chiffre d’affaires. À cinquante-sept ans, le dirigeant est en train de passer progressivement la main, avec méthode. "Depuis le début, j’ai eu en tête que j’avais une entreprise qui pourrait se transmettre", confie-t-il. "J’aime l’idée que l’histoire s’écrive sur plusieurs générations."

"À partir du moment où vous construisez une entreprise que vous voulez transmettre, vous pensez à plus de dix ans, voire trente ou quarante ans"

Principal avantage du "family business" : s’inscrire dans le temps long. "À partir du moment où vous construisez une entreprise que vous voulez transmettre, vous pensez à plus de dix ans, voire trente ou quarante ans. Il ne s’agit pas d’optimiser le profit du prochain semestre." Autre atout, la possibilité de transmettre des valeurs. "Diriger n’est pas qu’une affaire d’argent. C’est beaucoup plus facile dans une ETI familiale de développer un certain nombre de valeurs, de s’y tenir et de considérer que ça fait partie de l’ADN de la boîte", juge-t-il. Patron affichant des idées humanistes et sociales, il s’est engagé en faveur de la mixité, dans un métier encore très masculin, et de la diversité. Paprec s’est aussi illustré, en 2014, avec l’adoption d’une charte, votée à l’unanimité par ses salariés, interdisant le port de signes religieux dans son entreprise.

Ses trois fils travaillent déjà à ses côtés. L’aîné, Sébastien, est directeur général adjoint. Thibault, le cadet, gère les publications internes et externes du groupe. Le plus jeune, Mathieu, est adjoint au directeur délégué commercial. "Nous sommes dans une industrie nouvelle. J’ai fait le premier milliard de chiffre d’affaires, mes enfants vont pouvoir faire le second, voire le troisième", prévoit leur père. Transmettre ou vendre ? Le dilemme de tout dirigeant qui a réussi dépend de plusieurs facteurs. "La santé d’abord et le fait d’avoir des enfants qui veulent prendre la suite", estime Jean-Luc Petithuguenin.

"J’ai fait le premier milliard de chiffre d’affaires, mes enfants vont pouvoir faire le second, voire le troisième"

"C’est aussi lié à votre train de vie et à vos besoins", poursuit le dirigeant de Paprec. "Si votre rêve est de rouler en Ferrari, d’avoir un jet privé, peut-être que vous avez besoin de vendre." Mais surtout, pour transmettre et s’inscrire dans une logique dynastique, encore faut-il que les enfants soient capables de diriger. Dans la famille Petithugenin, l’aîné a fait Normal Sup’. Après quatre ans en Angleterre comme business analyst chez Comex, il est revenu en France au moment du décès de sa sœur des suites d’une longue maladie, afin d’épauler son père. Il n’en partira plus. Restait à soigner son intégration dans le groupe. "Il faut construire sa crédibilité, trouver un équilibre entre la légitimité professionnelle et la légitimité familiale. La seconde est bien comprise dans un groupe de notre taille", estime Jean-Luc Petithuguenin. "Mes collaborateurs préfèrent être dirigés par un de mes fils qui poursuivra l’œuvre de son père plutôt que par un financier qui viendrait peut-être avec des idées différentes. En même temps, ils n’ont pas envie d’être dirigés par un imbécile…"

"C’est difficile de savoir à quel moment vous dites à vos enfants de vous rejoindre"

D’où la nécessité de faire ses preuves à l’extérieur avant d’intégrer l’entreprise. Mais attention, l’ailleurs peut se révéler séduisant : "C’est difficile de savoir à quel moment vous dites à vos enfants de vous rejoindre. S’ils restent trop longtemps à l’extérieur et s’y plaisent, réussissent, ils peuvent décider d’y faire toute leur carrière." Maintenant que les trois fils ont intégré le groupe, la succession se prépare. "Je leur ai déjà transmis une partie de mon patrimoine professionnel et réglé les droits de succession. Le conseil d’administration de la holding familiale se réunit au moins une fois par trimestre et étudie les enjeux", explique leur père. "Ma grande angoisse, c’était que mes enfants découvrent à mon décès toutes les problématiques de la maison, le niveau d’investissement ou de dette. Donc je passe beaucoup de temps à essayer d’expliquer, à tenter de leur donner les clés pour bien diriger."

Lors de la dernière convention annuelle de Paprec, l’un de ses collaborateurs lui a posé ouvertement la question : "Le matin, quand vous vous rasez, pensez-vous à votre succession ?" Le patron de Paprec a répondu par l’affirmative. "Ça ne me semble pas raisonnable de vieillir trop longtemps sans préparer la suite. Et en même temps, ça ne veut pas dire arrêter demain. Aujourd’hui, je suis P-DG, un jour je ne serai plus que président. Et un jour administrateur…"

"Derrière, il y a 4 000 salariés, plus les conjoints et les enfants, qui vous font confiance. À partir du moment où vous transmettez, vous léguez cette responsabilité aussi"

En attendant, il s’affaire avec pour objectif de ne pas léguer à ses enfants une tâche trop difficile. "Si je vendais, je leur donnerais du capital dont ils feraient ce qu’ils veulent. Alors qu’en transmettant, je leur lègue un patrimoine bien plus immatériel. Et l’angoisse est de leur mettre sur les épaules une charge trop lourde. Il faut leur simplifier la vie, les aider à comprendre. Derrière, il y a 4 000 salariés, plus les conjoints et les enfants, qui vous font confiance. À partir du moment où vous transmettez, vous léguez cette responsabilité aussi."

Jean-Luc Petithuguenin ne doit son parcours qu’à lui-même. Il n’est pas un héritier. Est-ce chose facile de transmettre lorsqu’on n’est pas né soi-même avec une cuillère en or dans la bouche ? "Il y a une sorte de conflit sur ce qu’il faut leur donner, ce qu’ils doivent mériter", reconnaît-il. "Jusqu’où faut-il aller dans la transmission ? Je ne crois pas que mes enfants doivent endurer exactement les difficultés auxquelles j’ai moi-même été confronté. Ensuite, l’équation se résout avec ses collaborateurs. S’ils m’avaient dit que mon fils n’était pas capable, je ne l’aurais pas placé au poste de numéro 2."

"Il y a une sorte de conflit sur ce qu’il faut leur donner, ce qu’ils doivent mériter"

La nouvelle génération se prépare maintenant aux défis qu’elle devra relever. Paprec vend dans cinquante pays en réalisant 40 % de son chiffre d’affaires à l’export. Ce sera aux enfants Petithuguenin d’assurer la croissance internationale du groupe, en allant construire des usines à l’étranger. "Ils auront certainement une problématique interculturelle plus forte à gérer", anticipe leur père. "Ainsi qu’un défi complexe à relever, celui de faire partager et de préserver les valeurs dans un groupe qui pourrait compter demain 10 000 ou 15 000 collaborateurs." Autres enjeux : innover, dans un secteur toujours plus concurrentiel, et anticiper la concentration à venir d’un métier aujourd’hui très éclaté, qui compte seulement quelques multinationales. "Mais tant que je pourrai, je serai avec eux pour essayer de résoudre ce type de sujets", conclut le dirigeant de Paprec. 

Les auteurs

Anne-Noémie Dorion est journaliste indépendante. Passée par France Soir et Le Figaro, elle travaille principalement pour Le Point, où elle traite des sujets de société et d'éducation.

Aurore Gorius est journaliste indépendante. Ancienne de France Soir et du Point, elle est la co-auteur de deux autres ouvrages : "Les Gourous de la com" et "La CFDT ou la volonté de signer"

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Wed, 16 Sep 2015 10:32:15 +0200https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1161532-fils-et-filles-de-extrait-inedit/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Le marché de la cigarette électronique chutera de 10% en 2015]]>https://www.journaldunet.com/economie/distribution/1157934-marche-cigarette-electronique-selon-xerfi/Après 4 années de croissance folle, les enseignes spécialisées dans l'e-cig font face au défi de la maturité. 400 points de vente devraient disparaître cette année.]]>En 2015, le marché de l'e-cigarette en France perdra 10% de son chiffre d'affaires, pour atteindre 355 millions d'euros, selon la seconde édition de l'étude "Le marché de la cigarette électronique" de notre partenaire Xerfi. Un document qui permet également d'entrevoir le devenir du secteur, à l'aide de trois scénarios prévisionnels.

Mais avant d'aborder le futur, penchons-nous sur le passé. Des années folles, tant la croissance a été au rendez-vous. Jugez plutôt : à 395 millions d'euros l'an dernier, le chiffre d'affaires total a triplé entre 2012 et 2014. L'an dernier, il a encore grimpé de 43% sur 12 mois.

Pendant trois ans, "il se sera ouvert près de 2 boutiques par jour en moyenne", écrivent les auteurs de l'étude, pour qui "l'économie de la cigarette électronique ne peut plus être considérée comme marginale", puisqu'elle représente désormais 2,2% du marché des produits dérivés du tabac.

Mais cette euphorie ne pouvait pas durer : "Les premières fermetures et changements d’activité [de boutiques spécialisées] se sont multipliés fin 2014-début 2015. Et le mouvement est appelé à s’amplifier : les réseaux de spécialistes sont inexorablement amenés à se consolider", prévient Xerfi. Le parc de points de vente, qui a atteint 2 406 unités l'an dernier, chutera de 17% en 2015, pour s'établir aux alentours de 2 000.

Moins 10% de CA, moins 17% de boutiques, on pourrait croire le marché de l'e-cig condamné. En réalité, il est à la croisée des chemins. Il peut soit se développer et "atteindre progressivement un marché de masse", soit "se replier pour se concentrer sur une niche d'inconditionnels". D'où la construction par Xerfi de 3 scénarios d'ici 2018, un bas, un médian et un haut.

Privilégié par le cabinet d'études, le scénario médian (50% de probabilité) table sur une croissance annuelle moyenne de 8% pour atteindre 450 millions d'euros de chiffre d'affaires total en 2018. D'excellentes performances justifiées par "le réservoir de croissance (…) très important : 50% des fumeurs n'ont pas encore testé la cigarette électronique", mais qui impliquent la réalisation de plusieurs hypothèses, visibles dans le tableau ci-après. 

Quelle enseigne est la mieux placée pour profiter de l'éventuel essor à venir ? En termes de nombre d'implantations, voici le podium selon les données collectées en mai 2015 par Xerfi : J Well (159 points de vente), Clopinette (80 magasins) et Yes Store (56 boutiques).

L'étude "Le marché de la cigarette électronique : perspectives à l'horizon 2018 et mutations du paysage concurrentiel" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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Tue, 07 Jul 2015 14:23:29 +0200https://www.journaldunet.com/economie/distribution/1157934-marche-cigarette-electronique-selon-xerfi/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Pourquoi le plan d'aide à la Grèce est condamné à l'échec]]>https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1157353-plan-d-aide-a-la-grece/]]>
Pourquoi le plan d'aide à la Grèce est condamné à l'échec

Comment sortir du surendettement un salarié payé au smic ? En lui prêtant de l'argent et en le licenciant. Après les blagues belges, voici donc résumée la vaste plaisanterie grecque, qui, si elle n'avait pas mis à genoux la population, prêterait au rire.
A la vue du graphique ci-dessus et de ceux qui le suivent, c'est pourtant la situation dans laquelle le FMI, la Banque centrale européenne et la Commission européenne, la fameuse Troïka, ont plongé la Grèce. Comment en effet attendre de cette dernière qu'elle rembourse des dettes qu'elle ne cesse d'accumuler alors que ses ressources diminuent constamment, comme le montre ci-dessus la chute vertigineuse de son produit intérieur brut ? Entre son plus haut au troisième trimestre 2008 et aujourd'hui, le PIB grec a dégringolé de 26%.
©  JDN

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Wed, 01 Jul 2015 12:37:46 +0200https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1157353-plan-d-aide-a-la-grece/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Qui rachète les entreprises françaises ?]]>https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1154566-rachats-d-entreprises-francaises/474 sociétés hexagonales ont fait l'objet de fusions/acquisitions de la part de groupes étrangers l'an dernier. Un chiffre en croissance de 32% par rapport à 2013.]]>A croire que 2014 n'a été qu'un immense jour de solde : les achats d'entreprises françaises par leurs homologues étrangers ont bondi de 32% l'an dernier par rapport à 2013, pour atteindre 474. Il faut remonter à 2008 pour trouver un chiffre supérieur à celui-ci. Ces fusions/acquisitions portent sur tout ou partie du capital. Si l'on ajoute les opérations annoncées mais non complétées, leur nombre passe à 535 (+31% sur un an), selon les informations de notre partenaire BVDinfo et de son service Zephyr. 

32%, la hausse impressionne mais s'explique. Après la chute vertigineuse des premières années de crise (-56% entre le plus haut de 2007 et 2009), jamais des conditions aussi favorables n'avaient été réunies : une croissance mondiale qui pointe enfin le bout de son nez, des financements facilités aux Etats-Unis comme en Europe… et des entreprises françaises, qui, elles, ne sont pas toujours au mieux de leur forme. C'est ce qu'a notamment montré la prise de contrôle de la branche énergie d'Alstom par l'américain General Electric.

Quelle est la nationalité des acheteurs ? Voici le podium :

  • Les Etats-Unis ont été les plus actifs : 156 achats viennent d'outre-Atlantique, un chiffre en hausse de 27% par rapport à 2013.
  • Les Britanniques, avec 126 investissements, se distinguent par leur montée en puissance : +66% par rapport à 2013. La perfide Albion pèse pour 40% de la croissance du nombre d'achats.
  • L'Allemagne est le troisième pays le plus friand de sociétés hexagonales : 39 investissements, un nombre en hausse de 18%.

Du côté des entreprises cibles, la concentration de sièges sociaux en Ile-de-France fausse la donne (293 opérations) mais Rhône-Alpes et Paca comptent tout de même un nombre non négligeable d'entreprises visées, respectivement 35 et 19.

Le top 3 des secteurs d'activité les plus touchés laisse quant à lui peu de doutes sur celui qui concentre les appétits :

  • Services : 230 opérations
  • Equipement : 83 opérations
  • Distribution : 44 opérations

Autre enseignement, 39% des achats portent sur des montants inférieurs à 5 millions d'euros. 70% ne dépassent pas la barre des 25 millions. Quelles sont les plus grosses opérations effectives ou annoncées l'an dernier ? La réponse en tableau.

Plus gros rachats d'entreprises françaises par des étrangers en 2014
RangEntreprise viséeAcquéreurNationalité de l'acquéreurType d'opérationStatut de l'opération
1LAFARGE SAHOLCIM LTDSuisseAcquisition 100%Annoncée
2SOCIETE FRANCAISE DE RADIOTELEPHONE SAALTICE SALuxembourgAcquisition 100%Complétée
3ALSTOM SA'S ENERGY ACTIVITIESGENERAL ELECTRIC COMPANYEtats-UnisAcquisition 100%Annoncée
4MONDELEZ INTERNATIONAL INC.'S COFFEE BUSINESSJACOBS DOUWE EGBERTSPays-BasAcquisition 100%Annoncée
5TDF SAS' FRANCE-BASED UNITBROOKFIELD INFRASTRUCTURE PARTNERS LPBermudesAcquisition 100%Complétée
6GECINA SABLACKSTONE GROUP LP, THEEtats-UnisAcquisition 26,7%Complétée
7GROUPE DU LOUVRE SASUSHANGHAI JIN JIANG INTERNATIONAL HOTELS DEVELOPMENT CO., LTDChineAcquisition 100%Complétée
8DIANA SASSYMRISE AGAllemagneAcquisition 100%Complétée
9NUMERICABLE GROUP SASUALTICE FRANCE SALuxembourgAcquisition portée de 40% à 74.6%Annoncée
10SPOTLESS GROUP SASHENKEL AG & CO. KGAAAllemagneAcquisition 100%Complétée

Pour encore plus de détails sur les achats d'entreprises françaises par des groupes étrangers, par exemple sur le type de financement et les secteurs d'activité des acquéreurs, cliquez sur l'intitulé suivant de votre choix :

 

BVDInfo

BVDInfo conçoit et diffuse une gamme d'outils d'information sur les entreprises associant des données de qualité à de puissants logiciels de restitution, présentation, et représentation statistique de celles-ci. Créée il y a une vingtaine d'années et présente aujourd'hui dans une trentaine de pays, la société est considérée comme l'un des leaders du marché du marketing informationnel et financier.

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Wed, 20 May 2015 14:59:55 +0200https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1154566-rachats-d-entreprises-francaises/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Bilan de François Hollande : fait-il mieux que Nicolas Sarkozy ?]]>https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1153771-bilan-de-francois-hollande/Au bout de trois ans, l'actuel président de la République a-t-il de meilleurs résultats économiques que son prédécesseur en matière de croissance, chômage, santé des entreprises…]]>Trois ans après son accession au pouvoir, l'heure des comparaisons a sonné pour François Hollande. Si l'on sait que la situation économique de la France n'est guère fameuse, malgré quelques soubresauts positifs depuis peu,  l'actuel président de la République doit-il rougir de son bilan face à celui de son prédécesseur Nicolas Sarkozy ? Croissance, chômage, bourse, pression fiscale, coût du travail, revenus des Français, dépenses de R&D… Sous lequel des deux chefs d'Etat ces indicateurs ont-ils été le moins à la peine ?

L'exercice des comparaisons est toujours délicat : juger deux périodes distinctes, avec un contexte économique différent, peut fausser la donne. Sans compter que les actions du premier ont un impact sur la situation dans laquelle arrive le second. C'est pourquoi le JDN a comparé, graphiques à l'appui, les performances des deux présidents uniquement au regard des évolutions constatées dans d'autres pays ou groupes de pays.

A chaque fois, c'est la même durée de mandat qui est analysée, en fonction des statistiques internationales disponibles. Voici le résultat du match (cliquez sur l'intitulé de l'indicateur pour voir le détail) :

Bilan économique : le match Hollande - Sarkozy
IndicateurFrançois HollandeMatch nulNicolas Sarkozy
Croissance  X
Chômage  X
Activité de l'industrieX  
Activité des services X 
Dette publique  X
Balance courante  X
BourseX  
Consommation  X
Coût du travail  X
Pression fiscale  X
Construction  X
Revenus des ménages  X
Dépenses de R&DX  
Ventes de voitures X 
Niveau des prix X 
InvestissementPas de comparaison internationale
Marge des PMEPas de comparaison internationale
Total339

Verdict : François Hollande fait mieux que Nicolas Sarkozy sur seulement trois critères (production industrielle, évolution de la bourse et dépenses de R&D). Le précédent locataire de l'Elysée remporte la mise sur neuf indicateurs et l'égalité est prononcée trois fois.

A juste titre, les partisans de François Hollande souligneront que, pour bon nombre d'indicateurs, le décrochage d'avec les autres pays s'est amorcé en fin de mandat de Nicolas Sarkozy, en général au cours du deuxième semestre 2011. C'est particulièrement criant en matière de croissance, de chômage et de revenus des ménages.

Rares sont les indicateurs économiques pour lesquels l'Hexagone peut s'enorgueillir de faire mieux que les autres pays

Surtout, au-delà du combat de coqs, on retiendra de l'exercice les piètres performances de la France en comparaison des autres pays développés. Rares sont les indicateurs économiques pour lesquels l'Hexagone peut s'enorgueillir de faire mieux que les autres. On peut citer l'activité des services entre 2007 et 2012, le niveau de la dette publique face à la moyenne de la zone euro, la construction pendant une bonne partie du mandat Hollande, les ventes de voitures sous ce même président et enfin l'inflation.

Autre rappel d'une vérité bien connue, qui explique, au moins en partie, la victoire écrasante de Nicolas Sarkozy : en période de crise, la France a tendance à moins souffrir grâce à son secteur public important et à sa forte protection sociale. En contrepartie, elle est plus lourde à faire redécoller en phase de reprise. Un handicap qu'aucun des deux chefs d'Etat n'est parvenu à résoudre. Egalité !

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Wed, 29 Apr 2015 18:52:20 +0200https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1153771-bilan-de-francois-hollande/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Conseil en recrutement : l'horizon s'éclaircit à peine en 2015]]>https://www.journaldunet.com/management/ressources-humaines/1150752-le-conseil-en-recrutement-en-2015-selon-xerfi/Avec un chiffre d'affaires et des résultats en hausse, le secteur confirmera son rebond de l'an dernier mais restera à des niveaux d'activité faibles.]]>Depuis l'éclatement de la crise économique en 2007, les professionnels du conseil en recrutement en France alternent les années noires… avec les années grises : la violente chute du chiffre d'affaires du secteur en 2009 (-25%) est loin d'avoir été compensée par les améliorations de 2010 (+18%) et 2011 (+9%), qui ont précédé deux nouvelles années de baisse. Et 2014 n'a apporté qu'un très timide sursaut : +2%, pas un demi-point de plus. Que réserve 2015 ?  Une nouvelle hausse modérée de 3% du CA du secteur, selon la récente étude Xerfi "Le conseil en recrutement", dont sont issus ces chiffres. En images, cela donne ça :

Comme le premier graphique le montre bien, le niveau d'activité des professionnels du recrutement en 2015 reste largement inférieur à celui d'avant 2009. Mais ces derniers pourront se consoler (un peu) en s'attardant sur leur niveau d'excédent brut d'exploitation (EBE), qui devrait atteindre 5% en 2015, selon Xerfi. Un chiffre positif pour la sixième année consécutive et en hausse pour la seconde fois d'affilée.

Et dans la foulée de l'amélioration du taux d'EBE, écrivent les auteurs de l'étude, "le taux de résultat net des cabinets de conseil en recrutement est reparti à la hausse depuis 2014". Une tendance favorable que Xerfi explique ainsi : "Dans un contexte de reprise d’activité, le poids de leurs frais de personnel et des AACE (autres achats et charges externes, NDLR) dans le chiffre d’affaires des opérateurs du secteur a reculé au cours des deux dernières années".

Un "contexte de reprise" qui se traduit notamment par l'augmentation de 2% du nombre de recrutements de cadres anticipée par Xerfi en 2015. Les embauches seront poussées "par l’amélioration (certes poussive) de la conjoncture économique en France et une reprise plus franche de l’investissement (…), notamment grâce au crédit d’impôt compétitivité emploi. (…) Les évolutions technologiques de plus en plus rapides engendrent également des mutations importantes au sein de certains secteurs et donc des besoins élevés de recrutement". L'informatique, les télécoms, l’audit-conseil, la banque-finance ou encore l’aéronautique devraient profiter de l'embellie en matière d'emploi.

Autant de nouvelles encourageantes qui ne feront pas oublier aux professionnels que, comme le montre le graphique ci-dessus, la rentabilité demeure à des niveaux bien faibles par rapport à ce qu'a pu connaître le secteur. L'horizon s'éclaircit mais le ciel reste gris.

Source

L'étude "Le conseil en recrutement" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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Mon, 02 Mar 2015 16:47:09 +0100https://www.journaldunet.com/management/ressources-humaines/1150752-le-conseil-en-recrutement-en-2015-selon-xerfi/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Robots industriels : le retard français]]>https://www.journaldunet.com/economie/industrie/1146090-robots-industriels-le-retard-francais/L'Hexagone compte peu de ces bras articulés dans ses usines. Pire, il est l'un des très rares pays à voir leur nombre diminuer.]]>Pour le secteur de la robotique industrielle, 2013 est à marquer d'une pierre blanche. Jamais autant de ces bras articulés qui peignent et qui soudent notamment ne s'étaient vendus jusque-là dans le monde : 178 132 unités, un chiffre en hausse de 12% selon l'étude annuelle World Robotics.

Une tendance qui se vérifie en France, pays développé en quête de gains de productivité ? Eh non. La même année, le nombre de robots industriels vendus dans le pays a chuté de 27%, à 2 200 unités. Et il ne s'agit pas d'un accident de parcours. L'Hexagone est l'un des rares pays, avec l'Italie et le Japon, qui devraient voir son stock de machines diminuer entre 2012 et 2017 : -10% (la plus forte des trois chutes), à 30 200 unités, contre 33 600 en 2012.

1 stocks de robots industriels bis
De 2012 à 2017, le nombre de robots industriels en Chine aura augmenté de 341% selon l'IFR Statistical Department. Celui de la France aura diminué de 10%. © JDN

Pendant ce temps-là, certains s'équiperont massivement, y compris les pays à bas coûts de main d'œuvre. La Chine évidemment, avec la démesure qui la caractérise (+341%, à 331 000 unités) mais aussi, plus proche de nous, la République tchèque (+127%, 15 500 unités). L'Allemagne (+23%, 199 200 unités), l'Espagne (+11%, 32 000 unités) ou le Royaume-Uni (+58%, 23 800 unités) ne sont pas en reste.

Comment expliquer cette exception française ? Pas par le nombre de robots déjà présents, si on le compare à un échantillon de 14 pays (Amérique du Nord rassemble les Etats-Unis, le Canada et le Mexique) :

2 nombre de robots industriels par pays
En 2014, la France compte 31 600 robots industriels, d'après les chiffres de l'IFR Statistical Department. © JDN

Ni non plus par une densité excessive de robots industriels : la France en compte 125 pour 10 000 salariés de l'industrie. Un chiffre qui n'est pas ridicule - la France est le 11e pays à la plus forte densité sur 43 étudiés – mais très éloigné du recordman en la matière, la Corée du Sud, qui en compte 437 pour le même nombre de travailleurs. Loin, aussi, de la performance de l'Allemagne, qui en affiche 282.

3 nombre de robots industriel par employã©
La France pointe à la 11e position des pays à la plus forte densité robotique, selon l'IFR Statistical Department. © JDN

Difficile également d'accuser la crise financière et la crise de la dette en zone euro. Certes l'une comme l'autre nuisent à l'investissement (les chefs d'entreprise cherchent surtout à préserver la trésorerie), d'autant plus que les banques sont réticentes à prêter. Mais l'Hexagone n'est pas le seul pays concerné.

Le décrochage ne date pas d'hier : en 1998, les robots français avaient en moyenne 17 années d'ancienneté, contre 9 ans en Allemagne

Et le décrochage ne date pas d'hier : dès 1998, le ministère de l'Industrie faisait un cruel constat. Cette année-là, les robots français avaient en moyenne 17 années d'ancienneté, contre 9 ans en Allemagne. Les industriels de ce côté-ci du Rhin renouvelaient donc le plus tard possible le matériel quand leurs homologues investissaient pour améliorer leur productivité. Résultat, dès 2005, on comptait 216 robots par employé de l'industrie en Allemagne, contre 94 en France.

Cette situation est donc bien une exception française. Elle est avant tout liée aux maux connus de son industrie. Pour les résumer : une production en berne depuis 30 ans, un sous-investissement chronique dans l'appareil productif, des marges au plus bas, le tout couplé à des PME beaucoup plus fragiles que leurs homologues allemandes.

4 marge et valeur ajoutã©e industrie
L'industrie pèse de moins en moins, les marges des entreprises non financières s'amenuisent selon l'Insee. © JDN

Des handicaps lourds auxquels il faut encore ajouter d'autres freins, eux aussi typiquement français, recensés par Xerfi dans son étude "La robotique en France", datée de mars 2013. Parmi eux : "le scepticisme des chefs d'entreprise (notamment de la part des PME) en raison d'un coût à court terme élevé et du risque social (les robots industriels sont souvent perçus comme destructeur d'emploi)". Selon un sondage de la Commission européenne, 74% des Français estiment que la robotisation entraîne une destruction d'emplois.

Mais aussi, reprend Xerfi, le manque d'expertise dans le pays en ce qui concerne "l'intégration de robots industriels (seulement 400 entreprises dans le secteur) en raison notamment de l'absence de formation dans le domaine".

Sans compter qu'intégrer de telles machines "implique de repenser l'ensemble du processus de production", des bureaux d'études à la fonction marketing et commerciale, à cause de la "recherche de plus grandes séries en raison de la hausse de la production".

Des obstacles qui ne doivent pas faire oublier les avantages de la robotisation :

5 avantages robotique
Graphique issu de l'étude "La robotique en France" de Xerfi. © Xerfi

Pour Xerfi, la robotisation a donc deux grands bénéfices : la compétitivité-prix progresse, principalement en réduisant les coûts de main d'œuvre ("Un robot est en effet capable de réaliser les tâches de plusieurs employés en fonctionnant 24h/24") et la compétitivité hors prix s'améliore, grâce à une plus grande flexibilité ("les robots peuvent être affectés à des opérations différentes tout au long de leur vie en changeant les équipements périphériques ou par simple reprogrammation").

Les robots auraient donc de quoi soigner les maux de l'industrie française ? Pas complètement, pas à eux seuls. La robotisation n'est qu'un moyen, pas une fin en soi. Mais elle a déjà remporté quelques succès dans l'Hexagone. Selon Xerfi, la PME industrielle Les ateliers de Janves a évité la délocalisation en s'équipant en 2011 de 15 robots de manutention.

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Wed, 05 Nov 2014 15:34:10 +0100https://www.journaldunet.com/economie/industrie/1146090-robots-industriels-le-retard-francais/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Le marché de l'impression 3D va croître de 20% par an]]>https://www.journaldunet.com/economie/industrie/1145640-le-marche-de-l-impression-3d-va-croitre-de-20-par-an/De plus en plus de secteurs auront recours à la fabrication additive qui pèsera 8,5 milliards d'euros en 2020, contre 2,9 en 2014.]]>"Le dynamisme du marché de l'impression 3D se confirme en France et dans le monde", écrit dans une récente étude l'éditeur Xerfi, partenaire du JDN. Pas vraiment une surprise, direz-vous, mais le cabinet d'analyse révèle la répartition géographique et sectorielle de cette activité en pleine croissance ("2,9 Md€ au niveau mondial en 2014 contre moins de 1 Md€ en 2008").

rã©partition marchã© impression 3d
Graphiques tiré de l'étude Xerfi "L'impression 3D en France et dans le monde". © Xerfi

Désormais, selon les auteurs de l'étude et comme le montre le graphique ci-dessus, l'impression 3D "est utilisée couramment dans la fabrication de matériel médical (la majorité des prothèses auditives et dentaires sont produites par fabrication additive) mais également dans l'aéronautique, le spatial, l'automobile (prototypage et outillage principalement) ou encore la bijouterie-horlogerie".

72 500 imprimantes 3D personnelles ont été écoulées au niveau mondial en 2013

Au rayon état des lieux, on apprend également que les ventes d'imprimantes 3D personnelles "ont fortement augmenté : environ 72 500 exemplaires ont été écoulés au niveau mondial en 2013". Un chiffre qui commence à être considérable mais qui ne représente que 15% des ventes en valeur, "le prix moyen des modèles grand public [étant] plus de 40 fois inférieur à celui des imprimantes professionnelles".

Et les experts de Xerfi ne croient pas vraiment en une explosion du marché dans l'immédiat : "Les usages de l'impression 3D par le grand public s'avèrent encore trop limités pour que la technologie se démocratise auprès d'une large part de la population".

Un frein qui n'empêchera pas le marché de l'impression 3D dans son ensemble de prendre son envol. Bien au contraire : "la croissance du marché mondial (...) va se poursuivre à l'horizon 2020. Elle devrait s'établir aux alentours de 20% par an sur la période", pour atteindre 8,5 milliards d'euros en 2020.

marchã© mondial de l'impression 3d
Graphique tiré de l'étude Xerfi "L'impression 3D en France et dans le monde". © Xerfi

Les raisons d'un tel dynamisme ? Xerfi en voit trois :

 "la poursuite de la hausse du taux de pénétration de l'impression 3D dans l'industrie", favorisée par l'amélioration des matériaux et des procédés

 "l'arrivée de nouveaux acteurs" (Xerfi cite les fabricants tels qu'HP, les éditeurs de logiciels comme CAO Autodesk ou encore "le numéro un mondial des machines-outils DMG Mori")

 "la démocratisation de l'impression 3D auprès des particuliers"

Source

L'étude "L'impression 3D en France et dans le monde" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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Fri, 24 Oct 2014 15:39:44 +0200https://www.journaldunet.com/economie/industrie/1145640-le-marche-de-l-impression-3d-va-croitre-de-20-par-an/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA["Main basse sur la culture" : trois extraits inédits]]>https://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/1144296-main-basse-sur-la-culture-trois-extraits-inedits/Découvrez la lutte au jour le jour d'Alexandre Bompard (Fnac) contre Amazon ou encore comment Hadopi est né d'une simple blague de Denis Olivennes à son fils.]]>
© La Découverte
Comment Alexandre Bompard, PDG de la Fnac, lutte au jour le jour contre Amazon ? Pourquoi Netflix inquiète peu les responsables politiques ? Quels sont les dessous étonnants de la création d'Hadopi ? Trois questions qui trouvent leur réponse dans "Main basse sur la culture. Argent, réseaux, pouvoir", livre publié ces jours-ci aux éditions La Découverte et dont le JDN publie trois extraits. Découvrez-les.]]>
Tue, 30 Sep 2014 17:08:49 +0200https://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/1144296-main-basse-sur-la-culture-trois-extraits-inedits/Jean-Etienne JuthierJDN
<![CDATA[Le marché de la cigarette électronique pèse 275 millions d'euros en France]]>https://www.journaldunet.com/economie/distribution/1136773-le-marche-de-la-cigarette-electronique-pese-275-millions-d-euros-en-france/Quasi inexistant il y a 4 ans, le secteur de l'e-cigarette connait une croissance exponentielle de son chiffre d'affaires et de son nombre de boutiques, selon notre partenaire Xerfi.]]>07/07/15 : une mise à jour de l'étude a été publiée par Xerfi. Retrouvez l'article sur le JDN : "Le marché de la cigarette électronique chutera de 10% en 2015".

Bientôt 2 500 boutiques et déjà 275 millions d'euros de chiffre d'affaires. Voici ce que pèse l'e-cigarette en France, selon l'étude "Le marché de la cigarette électronique", que vient de publier notre partenaire Xerfi. Un document riche en enseignements dont le JDN vous propose de découvrir trois points.

marché français de la cigarette électronique
Graphique tiré de l'étude "Le marché de la cigarette électronique", de Xerfi. © Xerfi

A la lecture du graphique, on s'aperçoit que "le marché de la cigarette électronique a quasiment triplé entre 2012 et 2013, notamment à la faveur d'une accélération sensible lors du printemps 2013", commentent les experts de Xerfi. En trois ans, le marché a été multiplié par... 69.

points de vente cigarette electronique
Opérateurs déclarés et identifiés comme faisant du commerce de cigarettes électroniques leur activité principale. Sont exclus de ce graphique les distributeurs généralistes, les pure players de l'e-commerce, etc. © Xerfi

Le développement des points de vente est encore plus rapide : une multiplication de leur nombre par 102 entre 2010 et 2013 (et par 227 entre 2010 et 2014). "Entre 2012 et 2014, il se sera ouvert près de 3 boutiques par jour en moyenne, détaille Xerfi. Encore largement dominée par l'e-commerce il y a peu, la distribution d'e-cigarettes passe désormais essentiellement par l'intermédiaire de magasins physiques. En pleine phase de structuration, le réseau de détaillants s'organise autour d'une vingtaine d'enseignes franchisées (J Well, Clopinette, Yes Store, Cigaverte, etc.) et un nombre encore plus important de boutiques indépendantes venues tenter l'aventure."

enseignes cigarettes électroniques
Chiffres arrêtés au 1er mars 2014 © Xerfi

A noter enfin que, selon Xerfi, "en 2013, 58% des ventes de cigarettes électroniques" ont été "réalisées auprès de boutique spécialisées", les buralistes s'adjugeant eux 21% des ventes, Internet 9% et les pharmacies 5%. Les 7% restants sont partagés par d'autres circuits tels que les grandes surfaces, les stations-services, etc.

Source

L'étude "Le marché de la cigarette électronique. Quelles perspectives à l'horizon 2016 face au durcissement de la concurrence, aux risques réglementaires et à la menace de nouveaux entrants ?" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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Tue, 08 Apr 2014 14:31:08 +0200https://www.journaldunet.com/economie/distribution/1136773-le-marche-de-la-cigarette-electronique-pese-275-millions-d-euros-en-france/Jean-Etienne JuthierJDN